Sedum et genres apparentés

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    Le genre Sedum, le plus vaste de la famille des CRASSULACEAE avec plus de quatre cent espèces, a été décrit par Carl Linné en 1753 dans la première édition de Species Plantarium.

   Du latin « sedare » : apaiser, l’étymologie de ce genre fait référence aux vertus cicatrisantes et anti-inflammatoires contenues dans leur suc (plantes succulentes).

    Ce genre est représenté principalement à travers toutes les régions de l’hémisphère nord, à l’exception de quelques espèces que l’on peut trouver dans le centre-est Africain et en Amérique du sud. C’est en Amérique du Nord que ce genre est le plus représenté, avec plus de 170 espèces (120 pour le Mexique seul), l’Asie offre une diversité de 140 espèces. Enfin, l’Europe et le Proche-Orient en présentent une centaine. Pour ce qui est de la flore succulente française, les sedums sont au nombre d’une trentaine d’espèces réparties sur l’ensemble de l'hexagone.


    Nous nous intéresserons ici aux plantes de condition extrêmes, résistantes à la sècheresse autant qu'aux grands froids, sélectionnées pour une rusticité relative de -18°C


     1. Le « flou » de la nomenclature actuelle



    Dans le genre Sedum Linné 1753, furent inclus au cours du vingtième siècle d'autres genres précédemment publiés (regroupement) pour des raisons morphologiques et/ou physiologiques, donnant ainsi lieu à un foisonnement d'espèces aux formes, couleurs et fleurs diverses, ceci montrant bien la difficulté de la réalisation d'une classification cohérente.

    La tendance actuelle est de diviser (éclatement) à nouveau le genre Sedum en ré-officialisant les genres satellites, dans un but supposé de clarté et de lisibilité. Ainsi, nous parlerons, dans le groupe Sedum, de quatre genres distinct : Sedum, Phedimus, Hylotelephium et Petrosedum.


              a) Hylotelephium H. Ohba 1977.


    Nom commun : grand orpin, Sedum d'automne

   Du grec « Hylo » pour forêt et « telephion », nom grec antique donné au groupe d’espèces incluant Hylotelephium telephium.

    Ce genre comprend une grosse vingtaine d'espèces réparties dans l'hémisphère nord : Europe, Caucase, Asie de l'est, Sibérie, Amérique du nord.

   Les Hylotelephiums sont des plantes succulentes semi-persistantes (tiges et feuillages caduques) aux rameaux érigés, aux racines charnues et aux grosses feuilles plates à la succulence marquée. Les tiges florifères naissent à la souche de la plante en tout début de saison, croissent au fil du printemps, pour une généreuse floraison estivale ou automnale selon les variétés. Les hampes florales se dessèchent puis disparaissent après fructification.

    Le genre Hylotelephium peut être divisé en trois « goupes » ou « sections » :


   Hylotelephium, aux tiges dressées de plus de 20 cm. On trouve ici entre autres, les anciens Sedum spectabile et Sedum telephium. Ce groupe a donné aussi de nombreux cultivars comme 'Carmen', 'Brillant', 'Matrona'...

  Sieboldia, aux tiges prostrées ou décombantes. Les anciennement nommés Sedum sieboldii, Sedum anacampseros, Sedum cauticola, Sedum ewersii sont rattachés à cette section.

   Populisedum, aux tiges érigés. Cet Hylotelephium a la particularité d'émettre ses rejets de l'année sur les parties restantes de ses tiges lignifiées. Cette section ne comprend qu'une seule espèce, l'ancien Sedum populifolium,

 


          b) Phedimus Rafinesque 1817


    Phedimus : Du grec phaidimos : brillant.

    Ce genre récemment ré-officialisé comprend 17 espèces réparties en Europe et Asie.

    Ce sont des plantes succulentes vivaces tapissantes ou buissonnantes, au feuillage persistant ou annuel, aux tiges érigées ou rampantes, possédant de petites feuilles généralement dentées et de belles fleurs lumineuses de couleur blanche, rose, rouge, pourpre ou jaune.

   Là aussi, pour des raisons morphologiques et géographiques, ce genre peut se diviser en deux sous-genres :


   Phedimus, aux tiges rampantes et marcottantes et aux floraisons blanche, rose, rouge, ou pourpre. Les espèces de ce groupe sont localisées dans les régions méditerranéennes, le Caucase, l’Anatolie et le Nord de l’Iran.

   Aizoon, aux tiges érigées et annuelles émises à partir d'un rhizome. Ses inflorescences sont de couleurs jaune. Les espèces de l’Est de l’Asie (Chine, Japon, Corée et Centre de la Sibérie) composent ce sous-genre.


    Les plantes de ce genre les plus couramment rencontrées sont les anciens Sedum kamtschaticum, Sedum floriferum, Sedum aizoon, Sedum spurium, Sedum hybridum... que l'on nommera maintenant Phedimus kamtschaticus, Phedimus floriferus, Phedimus spurius, Phedimus hybridus...

 


          c) Petrosedum Grilich 1984.


    Du latin « petro » : qui a la chair dure.

   Très peu de littérature sur ce nouveau genre qui regroupe onze espèces (source IPNI) réparties sur l'ensemble de l'Europe et que l'on peut retrouver au Maroc, en Turquie et en Syrie.

    Ce sont des plantes vivaces à la succulence évidente. Les feuilles cylindriques de petite taille (<1cm) sont réparties sur des tiges souples et cassantes au port rampant, retombant et traçant. De part leur bouturage et marcottage naturel, ces plantes peuvent former de beaux tapis ou de belles cascades selon leur implantation. Les fleurs estivales sur tiges de plus de 20 cm sont de couleur jaune aux nuances pastel, vif, brillant...

    On retrouve essentiellement dans les petrosedums les plantes de la section Rupestria, à savoir Petrosedum Rupestre, Petrosedum sediforme, Petrosedum amplexicaule, Petrosedum forsterianum, et Petrosedum montanum pour les plus courants.


          d) Sedum Linné 1753


    Ce genre initialement créé par Linné n'a pas encore fait l'objet d'une nouvelle publication depuis son récent remaniement nomenclatural, et son amputation des genres sus-cités. C'est donc par déduction que je présenterai les espèces les plus rustiques et les plus communes qui devraient y être rattachées.

    Ces plantes vivaces sont le plus souvent herbacées, tapissantes, voire gazonnantes, et sont généralement d'excellent couvre-sol. De souche grêle émettant de nombreux rejets aux tiges cassantes marcottant naturellement, ces succulentes ont des feuilles éparses ou imbriquées, de couleurs verte, bleuté, grise ou rougeâtre (avec toutes leurs nuances de vif, brillant, glauque, tendre, foncé, prononcé …). La floraison est en règle générale estivale et de couleur blanche ou jaune, là encore, avec leur palette de nuances (cf. fiche plante).

    Pour les plantes les plus rustiques et les plus courantes, nous trouvons dans ce genre : Sedum acre, Sedum album, Sedum dasyphylum, Sedum lydium, Sedum sexangulare... pour les Européennes ; Sedum oreganum, Sedum palmeri, Sedum confusum, Sedum divergens, Sedum spatulipholium... pour les nord-américainnes ; enfin Sedum multiceps, nord-Algerien implanté en Europe du sud.


     2) Conseil et culture


          a) Sècheresse, gel et humidité

    Les plantes dont nous parlons sont sélectionnées pour leur grande résistance aux conditions extrêmes. Ainsi, les grosses chaleurs estivales ne sont pas un problème pour elles. Dites « xerophites » (plantes de milieu sec), ces sedums vont naturellement puiser dans leur réserve d'eau (le suc) emmagasinée durant les pluies, et stopper leur végétation pour « survivre » en attendant un contexte climatique plus clément. Pour les périodes de grand froid et de gel prolongé, même phénomène : arrêt de la végétation et mode « survie » enclenché. Le terme de « rustique » se réfère aux espèces pouvant pousser à l’extérieur sans protection particulière contre le froid et l’humidité, avec une barrière à -18°C pour le cas présent.

    Ces conditions climatiques, intimement liés à l'arrêt/reprise de végétation sont facteurs de changement de couleur du feuillage pour certaines espèces. Ainsi, ne vous étonnez pas de voir par exemple un Sedum album devenir rouge ou un Sedum dasyphyllum arborer une robe violette : les températures agissent directement sur le pigment de la plante.


          b) Exposition et substrat.


    Au vues des exigences et résistance naturelles de ces plantes, une implantation plein sud moyennant une grande luminosité fera ressortir toute leur splendeur, jouant sur des couleurs évolutives tout au long de l'année. Néanmoins, certaines espèces se comporteront mieux à mi-ombre dans les jardins très ensoleillés du sud de la France (cf. fiches plantes).

   Ce sont des plantes pionnières, premières à coloniser les éboulis et autres milieux inhospitaliers. Familières des rocailles et pans rocheux, on veillera à leur procurer un terreau pauvre et minéral. Une formule passe-partout leur convient très bien : un substrat 3 tiers composé d'une part de terre franche, une part de terreau du commerce, et une part de matériaux minéral drainant (sable grossier, gravier, pouzzolane...).

    Le seul réel danger pour ces plantes est une stagnation de l'humidité hivernale. Prenez grand soin à sélectionner vos plantes en fonction de votre jardin en veillant bien aux conditions et conseils donnés : en résumé, soleil et drainage impératif.


          c) utilisation ornementale


    N'ayant besoin de presque rien pour pousser, les sedums peuvent s'adapter à un multitude de situations. Au jardin, les rocailles, murs et murets offrent des lieux d'implantation au plus proche de leur conditions d'origine. Bordure, massifs, pieds d'arbustes ou de rosiers, talus, sont aussi des endroits à ne pas négliger. « Le petit jardin dans le jardin » est un concept à mettre en avant : un massif de sedums et de joubarbes en micro paysage semi-désertique mettra vos plantes dans les meilleures conditions possibles pour faire ressortir l'essentiel de leur attrait.

    D'autres supports peuvent mettre un peu de fantaisie : potées, suspension, souches, roches trouées, vieilles gamelles et autres contenants... Amusez-vous et laissez travailler votre imagination, les plantes vous le rendront par leurs belles floraisons, leurs formes aussi diverses que variées et leur feuillage aux couleurs changeantes et captivantes...